Débat d’Orientation Budgétaire du 29 novembre 2017

Intervention des élus du Front de Gauche

Mesdames, Messieurs les élus, Madame le Maire,

La croissance démographique de notre commune nous oblige à prévoir les investissements pour le meilleur accueil possible dans les écoles, les crèches, les locaux associatifs, culturels et sportifs. Comme beaucoup d’autres communes en France, nous n’échappons pas aux contraintes décidées en haut lieu.

Ce débat d’orientation budgétaire constitue un moment privilégié où les élus et citoyens peuvent mesurer les contraintes économiques et financières dans lesquelles vont être prises les décisions budgétaires de la ville.

Nous considérons que nous sommes pris en otage car les politiques gouvernementales de ces dernières années,  nous enferment dans un contexte général ne nous  permettant  plus de répondre aux besoins essentiels des populations.
Que dirait-on d’une ville qui ne réaliserait pas les infrastructures nécessaires ou obligatoires telles que le logement, première urgence nationale ?

Les gouvernements depuis de nombreuses années ont dirigé le pays dans la spirale infernale austéritaires pour les populations, tout en privilégiant scandaleusement  les quelques  très riches qui, sans se soucier de l’intérêt général accumulent des milliards volés à toutes celles et ceux qui créent les richesses.

Le document qui nous est présenté aujourd’hui pour débattre sur l’orientation budgétaire de 2018 n’explique pas à lui seul, les raisons essentielles  qui nous ont amenés dans ce contexte actuel.

Celui-ci pourrait être tout autre si des décisions politiques dans le passé avaient été prises pour empêcher, par exemple, l’évasion fiscale qui selon les chiffres avancés par des économistes avisés, indiquent que ce sont 60 à 80 milliards par an de manque à gagner pour le budget de l’Etat, soit 10 à 30 milliards  de plus que le budget de l’éducation nationale. (50,6 milliards)

Selon ces mêmes économistes il n’y aurait plus de déficit et l’endettement pourrait alors être maîtrisé. (Les intérêts annuels de la dette se chiffrent à 41,2 milliards soit le 4iéme  poste du budget de l’état).

Le déficit de la sécurité sociale serait réduit à zéro. Bref, nous pourrions redonner l’espoir d’une meilleure existence et un avenir plein d’espoir, particulièrement à la jeunesse.

Les collectivités locales n’auraient pas à subir une nouvelle ponction (13 milliards d’euros) avec pour conséquences, des non remplacements d’agents qui partent à la retraite (Le président impose la suppression de 70000 à 75000 postes dans la fonction publique sur 5 ans) alors que les besoins sont évidents. Les élus alors pourront tenter de rationnaliser les effectifs dans le cadre de fusions ou de regroupements de plusieurs collectivités, intenable, sans  remettre en cause la proximité des services publics.

Les maires auront donc deux choix, s’endetter ou renoncer aux investissements. Concrètement une commune pourra geler, privatiser, les créations de places en crèches, la création ou rénovation d’équipements municipaux, culturels ou sportifs, ou  retarder des opérations d’urbanisme (logements sociaux, transports, voiries…..!)

Lorsqu’on accepte le discours dominant tels que les médias nous le ressasse tous les jours, « la France n’a plus les moyens » ou « vous vous rendez compte de la facture que nous laisserons aux jeunes !», alors, Mesdames, Messieurs, chacun d’entre nous pourrait penser, qu’en réalisant  les économies décidées en haut lieu, nous ferions l’acte contributif nécessaire au redressement du pays. Mais cela est totalement faux, c’est une duperie, l’endettement s’accroit d’année en année et le montant des intérêts aussi.

Pour celles et ceux qui ne trichent pas, qui  payent leurs impôts et autres taxes, TVA, CSG … ils participent sans le savoir à payer aux banques les intérêts de la dette de l’Etat, qui elles font fructifier ces milliards ailleurs dans les paradis fiscaux.

Il ne s’agit plus de faire la chasse aux gaspillages nécessaires parfois, il s’agit aujourd’hui de nous imposer une régression des services aux habitants de nos communes.

Ce sont toujours les mêmes à qui on demande de se serrer la ceinture. Ils sont les agents des collectivités locales, ils sont les agents hospitaliers, les salariés du public ou du privé.

Nous avons bien compris que l’argent public distribué aux grandes entreprises  sous couvert de les encourager à investir et à créer de nouveaux emplois (42 Milliards de Crédit d'impôt compétitivité emploi, CICE) s’en va immédiatement dans les poches des actionnaires et des paradis fiscaux. N’est-ce pas le cas pour ne pas les citer d’entreprises comme Dassault ou Ford, et bien d’autres encore ? Nous connaissons d’avance le résultat de cette politique libérale et capitaliste.

La réduction de la dépense publique, la hausse des prélèvements fiscaux et sociaux, sont des remèdes qui ne servent que les exploiteurs.  Ce sont des cancers pour notre société actuelle.

Aujourd’hui on nous promet de redonner du pouvoir d’achat aux familles en supprimant la taxe d’habitation. Cette démarche peut être effectivement très populaire. Les gens peuvent penser que 1200€, 2000 €  à ne plus débourser, c’est une bonne chose pour leur  porte monnaie, mais qu’en sera-t-il lorsqu’on leur demandera d’ouvrir en grand leur porte monnaie pour payer des taxes supplémentaires comme pour les 1,7% de CSG supplémentaire imposé  aux retraités ou l’augmentation de la TVA sur les produits de première nécessité ?

Pour brouiller les cartes, le Président apporte la solution magique, « les pertes pour les communes seront compensées par l’Etat ». Mais comment l’état financera t-il sans des recettes supplémentaires ?   Ce que l’on nous donne de la main gauche nous est repris par la main droite. A qui va-t-on faire croire cette tromperie ? Rappelons nous ce qui s’est passé il n’y a pas si longtemps avec les transferts de compétences en direction des Départements.

Les élus que nous sommes savent bien que ce sont les services publics actuels qui ne seront plus gratuits, souvent remplacés  par des services privatisés et donc payants.

Notre plan pluriannuel d’investissements va donc être mené à bien durant notre mandat et cela en respectant notre engagement de ne pas augmenter les taux d’impositions. 

Toutefois, nous tenons à attirer l’attention qu’il est important d’accompagner ces investissements en ne sacrifiant pas les dépenses de fonctionnement qui selon nous, devront aller au-delà des limites qui nous sont fixées (à 1,2 % par an d’augmentation à ne pas dépasser), si nous voulons continuer à garantir à nos concitoyens les services qu’ils sont en droit d’attendre de nous.

Comme l’ont fait un certain nombre d’élus lors du congrès des Maires, l’heure est à unir nos forces pour s’opposer à cette politique néfaste.

Texte lu lors du Conseil municipal du Haillan du 29 novembre 2017 par Erika Vasquez

Pour les élus du Front de Gauche.

Erika Vasquez, Rose Sarlandie, Philippe Rouzé, Jean Claude Conte.